Il pénètre dans le club enfumé pour la énième fois
Toisant la salle d’un regard amusé, il dit « mon Dieu, nous revoilà »
Il n’est pas seul, porte à son bras le plus beau bracelet qui soit
Cette fille n’est pas à lui, & pourtant plus que toutes ses conquêtes
Belle, belle, belle…
Juste comme un vent de printemps
Il avance dans la pénombre, absorbé par une masse de prétentions
Le meilleur comme le pire est là pour l’accueillir
Chœurs de « ah ! enfin te voilà » scandés comme par incertitude
Tout ce que la ville compte de freaks & de néo-hippies
S’est retrouvé là encore & aussi son visage épanoui
Comme si la nuit n’attendait plus que lui
Pour commencer conspiration contre toute abnégation
Négation… négation de tout ce qui l’a mené là
Sa main enrobe le bracelet & il lui susurre…
« Merci… oui, merci d’être là »
Alibi trop assuré, elle suit son chemin
Jusqu’au bar elle s’éloigne comme un nouveau-né prêt à gémir
Il allume une clope, échange quelques mots
Juste quelques-uns pour se mettre en branle…
Puis beaucoup…
Le bracelet revient, l’embrasse sur la joue & ajoute d’un ton frémissant
« Personne ne peut plus être aussi beau que nous »
Il esquisse un sourire & murmure que le silence pourrait bien les sauver
Alors que les corps se compressent, humides, de part & d’autre
Il s’efforce de faire le tour histoire de saluer
Echanger des soupirs, partager des sentir
Sans une halte son souffle s’échauffe
Il crache du feu
Au milieu d’une pluie d’étincelles, crie sa victoire annoncée sur le dragon qu’il a terrassé…
Son reflet…
Dans le miroir s’est enfui, ne reste qu’un portrait de Dorian Gray qu’il épouserait volontiers
Tant d’années passées à peindre, devenir la plus jolie des fresques
Le monde averti de sa présence, il prend un autre verre
Histoire d’assurer ses biens contre toute catastrophe NATURELLE
Le bracelet fait son effet, il va s’oublier sur le dance-floor
Le DJ lance ses galettes, bénédiction de tous
« Fais de moi un acteur de la chasse à courre », hurle la foule affamée
Tant d’années à s’acharner, de petits bouts de papiers, enfin le monde sait qu’il est
Ça oui pour être il est
La chaleur augmente, un rythme drum’n’bass titille les vagues d’un flow enragé
Perdu dans les temps, sans commune mesure
Il jubile…
Accusant de sa chair les regards qui viennent l’effleurer
Il rappelle à l’ordre les danseurs trop ambitieux
S’éclipse tout d’un coup, finit son verre encore… & encore
Enlace une fille aux yeux violets qui partage sa prestidigitation
Prestige presque illicite, provocation d’ambition
Comme l’ambition est comblée
Plus tard, sur la terrasse du navire, il essuie le vent contre son visage
Trop bien imprégné des particules d’électricité
Est-il pourpre ce soir ? & eux mesmérisés ?
Non jamais, non jamais…
Non, non jamais assez
Alors qu’un pèlerin lui explique ce dont il se moque, il voit la divine gazelle se déplacer
Jamais vue, jamais eue, qui est-elle pour venir ici le provoquer ?
Lassé de son pèlo, il descend & la suit, demande à l’oracle conseil
Qui qu’elle puisse être il est convaincu en un mot
Un petit mot secret, que la pythie prononce par mégarde
Un petit mot secret, qui suffit à éclipser ses doutes
Assassiné, effarouché, il la poursuit jusqu’à la piste où le cirque s’essouffle
Salue le DJ, s’empresse de briller…
D’un regard se rassure, d’un pas soudain s’approche
De celui qui lui parle
Il lui dit « je-ne-sais-pas-quoi »
L’autre répond qu’il ne le sait que trop bien
La gazelle se présente, & il improvise
Il sort son pipeau, son jeu impressionne
La gazelle au milieu de nulle part
Une baudruche l’assaillit, voudrait le faire couler
& sans l’ombre d’un doute, sans scrupule inutile, il l’envoie paître au loin
« Que veux-tu pour interrompre ma cérémonie ?
Les règles, nom d’un chien ! Aurais-tu mal compris ? »
Très, très, trop offusquée la baudruche se gonfle
& déjà la gazelle s’enfuit, déjà il se demande…
Comme toujours…
« Sait-elle qui elle est, & sait-elle jouer ? »
« Innocente & honnête » hurlent ses yeux étoilés
« Arrête de charrier »
Il repart l’envoûter, d’un clin d’œil se retourne
Le bracelet s’amuse d’ainsi le voir courir
« Trombe & trompe qui tu veux, mais ne crois pas ne pas te prendre au jeu »
Il ouvre les yeux
Réinvestit la gazelle & prononce ces mots :
« Je voudrais être ta main, laisse-moi t’inviter »
Elle ne répond rien
Cette nuit-là plus rien ne compte vraiment
Juste la certitude que la gazelle a gagné
Conviction profonde à jamais incrustée
Il veut…
Il veut…
Il veut…
Cette nuit surtout, plus que jamais
Cette nuit surtout, plus acharné
Cette nuit surtout…
La danse du serpent est un art compliqué, & qu’il faut maîtriser
& le mix continue…
Le mix continue…
Obsession lente d’une fascination annoncée…
Toisant la salle d’un regard amusé, il dit « mon Dieu, nous revoilà »
Il n’est pas seul, porte à son bras le plus beau bracelet qui soit
Cette fille n’est pas à lui, & pourtant plus que toutes ses conquêtes
Belle, belle, belle…
Juste comme un vent de printemps
Il avance dans la pénombre, absorbé par une masse de prétentions
Le meilleur comme le pire est là pour l’accueillir
Chœurs de « ah ! enfin te voilà » scandés comme par incertitude
Tout ce que la ville compte de freaks & de néo-hippies
S’est retrouvé là encore & aussi son visage épanoui
Comme si la nuit n’attendait plus que lui
Pour commencer conspiration contre toute abnégation
Négation… négation de tout ce qui l’a mené là
Sa main enrobe le bracelet & il lui susurre…
« Merci… oui, merci d’être là »
Alibi trop assuré, elle suit son chemin
Jusqu’au bar elle s’éloigne comme un nouveau-né prêt à gémir
Il allume une clope, échange quelques mots
Juste quelques-uns pour se mettre en branle…
Puis beaucoup…
Le bracelet revient, l’embrasse sur la joue & ajoute d’un ton frémissant
« Personne ne peut plus être aussi beau que nous »
Il esquisse un sourire & murmure que le silence pourrait bien les sauver
Alors que les corps se compressent, humides, de part & d’autre
Il s’efforce de faire le tour histoire de saluer
Echanger des soupirs, partager des sentir
Sans une halte son souffle s’échauffe
Il crache du feu
Au milieu d’une pluie d’étincelles, crie sa victoire annoncée sur le dragon qu’il a terrassé…
Son reflet…
Dans le miroir s’est enfui, ne reste qu’un portrait de Dorian Gray qu’il épouserait volontiers
Tant d’années passées à peindre, devenir la plus jolie des fresques
Le monde averti de sa présence, il prend un autre verre
Histoire d’assurer ses biens contre toute catastrophe NATURELLE
Le bracelet fait son effet, il va s’oublier sur le dance-floor
Le DJ lance ses galettes, bénédiction de tous
« Fais de moi un acteur de la chasse à courre », hurle la foule affamée
Tant d’années à s’acharner, de petits bouts de papiers, enfin le monde sait qu’il est
Ça oui pour être il est
La chaleur augmente, un rythme drum’n’bass titille les vagues d’un flow enragé
Perdu dans les temps, sans commune mesure
Il jubile…
Accusant de sa chair les regards qui viennent l’effleurer
Il rappelle à l’ordre les danseurs trop ambitieux
S’éclipse tout d’un coup, finit son verre encore… & encore
Enlace une fille aux yeux violets qui partage sa prestidigitation
Prestige presque illicite, provocation d’ambition
Comme l’ambition est comblée
Plus tard, sur la terrasse du navire, il essuie le vent contre son visage
Trop bien imprégné des particules d’électricité
Est-il pourpre ce soir ? & eux mesmérisés ?
Non jamais, non jamais…
Non, non jamais assez
Alors qu’un pèlerin lui explique ce dont il se moque, il voit la divine gazelle se déplacer
Jamais vue, jamais eue, qui est-elle pour venir ici le provoquer ?
Lassé de son pèlo, il descend & la suit, demande à l’oracle conseil
Qui qu’elle puisse être il est convaincu en un mot
Un petit mot secret, que la pythie prononce par mégarde
Un petit mot secret, qui suffit à éclipser ses doutes
Assassiné, effarouché, il la poursuit jusqu’à la piste où le cirque s’essouffle
Salue le DJ, s’empresse de briller…
D’un regard se rassure, d’un pas soudain s’approche
De celui qui lui parle
Il lui dit « je-ne-sais-pas-quoi »
L’autre répond qu’il ne le sait que trop bien
La gazelle se présente, & il improvise
Il sort son pipeau, son jeu impressionne
La gazelle au milieu de nulle part
Une baudruche l’assaillit, voudrait le faire couler
& sans l’ombre d’un doute, sans scrupule inutile, il l’envoie paître au loin
« Que veux-tu pour interrompre ma cérémonie ?
Les règles, nom d’un chien ! Aurais-tu mal compris ? »
Très, très, trop offusquée la baudruche se gonfle
& déjà la gazelle s’enfuit, déjà il se demande…
Comme toujours…
« Sait-elle qui elle est, & sait-elle jouer ? »
« Innocente & honnête » hurlent ses yeux étoilés
« Arrête de charrier »
Il repart l’envoûter, d’un clin d’œil se retourne
Le bracelet s’amuse d’ainsi le voir courir
« Trombe & trompe qui tu veux, mais ne crois pas ne pas te prendre au jeu »
Il ouvre les yeux
Réinvestit la gazelle & prononce ces mots :
« Je voudrais être ta main, laisse-moi t’inviter »
Elle ne répond rien
Cette nuit-là plus rien ne compte vraiment
Juste la certitude que la gazelle a gagné
Conviction profonde à jamais incrustée
Il veut…
Il veut…
Il veut…
Cette nuit surtout, plus que jamais
Cette nuit surtout, plus acharné
Cette nuit surtout…
La danse du serpent est un art compliqué, & qu’il faut maîtriser
& le mix continue…
Le mix continue…
Obsession lente d’une fascination annoncée…
1 commentaires:
C'est presque une abération... tentative de commentaire. Et bien non!
Juste se laisser prendre et s'aggriper fort aux mots, au flow.
M.
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