C’est l'histoire d'un mec, comme ils disent
Qui a le cul entre deux chaises
Ça lui arrive, parfois, une sorte d'immobilisme
Par peur de faire le moindre geste
Car chacun pourrait
Être lourd de conséquences
Alors ce mec commence par changer de chaise toutes les cinq minutes
Un instant l'une est plus confortable
Puis il revient à l'autre
Etc.
Jusqu'à ce qu'il se retrouve obligé
De s'asseoir mal sur le bord de chaque
Avec un grand trou au milieu
Un gouffre, pourrait-on même dire
Non seulement il en a vite plein le cul
Mais encore faut-il ne pas tomber
Pas très confortable
Comme situation
En plus, il finit toujours par s'écorcher quelque part
Alors vient le moment
Où il prend tout d'un coup au visage
De plein fouet
Jusqu'à se regarder en face
& à en rire
Parce qu'il lui est impossible d'en pleurer
Alors il rit de lui-même
En regardant le sol d'un air gêné
C’est très difficile pour lui, il faut dire
De suivre une conversation
Mais que peut-il faire
Quand il s'agit d'avoir affaire aux gens ?
Plus ils lui demandent si ça va
Plus il se sent mal
Comme si chacun de leurs mots
Était un panneau de circulation
Dans un pays sans code de la route ni permis de conduire
Érigé pour bien lui rappeler
Que la route est difficile
Qu'il y a du verglas
Des bosses, des trous
Bien sûr, on n'y voit rien
Les virages sont traîtres
& quant à la voiture
Il faut la voir, avec son pneu crevé
Se traîner misérablement
De mètre en mètre
Non, ce type ne peut plus que changer péniblement de position
De temps en temps
Quand ça fait trop mal quelque part
& attendre
Que quelque chose se passe
Ça pourrait être n'importe quoi
A ce stade, ce serait libérateur
Dans tous les cas de figure
Ça ira mieux APRÈS
En attendant, le temps est disloqué
& chaque jour est plus long
Que le jour d'avant
Wow ! Jusqu'où…
Va t-il-tenir…
Avant d'exploser ?
Ecoutons-le penser :
« Nous y revoilà à écouter le bruit des vagues à chercher ce qui n’existe pas au bord de l’océan l’océan il y a un problème avec l’océan lui qui jadis réglait mes humeurs s’est déréglé en avis de défaite je n’ai jamais courtisé ces avis-là alors je vais y retourner dans la matrice une fois de plus puisque ses incarnations se multiplient au fil des paradoxes quand rien n’est moins paradoxal qu’un paradoxe je m’en vais donc aller nager au centre du problème du quoi ? il n’y a pas de problème juste du brouillard à travers lui donc je vais confronter mon opinion avec celui des Cieux voir si comme toujours nous tombons d’accord & pour cela une longue conversation avec l’océan s’impose car je dois comprendre pourquoi dès que je l’approche mes espoirs partent en lambeaux dans une médiocrité de laine de verre de longs voyages qui ne mènent nulle part & de jeux d’attitudes qui n’amusent personne & s’il s’avère que la conversation mène quelque part s’il se trouve que l’aller-retour décrasse mes poumons et ma conscience à la fois je grimperai tout en haut là où nul n’ose aller au sommet du roc & des lianes entre ciel & terre entre jungle & mer & je ferai le point avec l’Univers de la situation & de la direction car si les directives m’ont toujours transformé en dragon de feu les directions sont dignes d’intérêt je crois & je regarderai le doigt du soleil à travers les nuages non plus comme on regarde une icône mais comme on regarde l’horizon peut-être comprendrai-je avant d’arriver chez les morts pourquoi cet étonnant détour s’imposait sans cela les ruines du culte me le souffleront à l’oreille car là-bas m’a-t-elle dit se cache la magie elle est partie la magie je la retrouve parfois dans ses yeux mais ce que ces yeux ignorent c’est que je voulais célébrer la vie & notre ultime victoire sur les dents de lion & sûrement pas lécher des blessures blessures qui se sont forgées un chemin inattendu & vicieux ce qui en résulte en lieu en place d’une célébration est une parodie de justice dans laquelle chacun va tenter de jouer son rôle pour dissimuler ce que chacun sait j’ai peur que cette reconstitution de ce qui aurait du être manque de spontanéité & soit un triste téléfilm du genre qui va qui vient comme une chanson impopulaire la réalité est incorruptible & mieux vaut remettre certains rêves à plus tard que de les rogner jusqu'à ce que corde se rompe de fait d'ici la fin de l'odyssée il va falloir en guise de repentir renoncer à bien des choses ma vie est un bordel organisé qui a de la place pour les paradoxes mais pas pour les incohérences & les coups que je donne à mon karma ne devraient être que mon affaire à la limite celle de l’eau mais c’est tout l’eau d’ailleurs est noire noire noire comme la flaque de ma panique exaltée comme mon ombre entre les dunes sans l'ombre d'un risque de noyer mon effroi dans le gouffre d'un effort de sodium si libérateur que le froid & la douleur sont revigorants ajoutant à la peur un piment traître du genre qui remue le couteau mais au moins ça aura disparu avant l'aube sachant cela j’ai plongé pour ne plus penser à rien qu'à ces bulles de lumière dans l'eau qui n'est plus de l'eau où alors de l'eau sèche gazeuse vaporeuse & plus confortable que sous la lumière on s'en serait douté en fait si on y avait réfléchi les réflexions pour le coup seront pour plus tard mon extase est fermée pour travaux qu'ils disent c’est toujours la même chose avec les entreprises de démolition ils appellent ça de l'urbanisme moi j'appelle ça de l'urbanisme sous acide parce que quand même il y a des limites au délire non ? heureusement il y a le sucre jamais je n'ai autant compris son importance au sucre ce petit oreiller de tendresse qui vous enveloppe & vous sauve au moment où toutes vos armes habituelles sont hors d'usage c’est précisément à ce moment qu’on se regarde dans la glace qu’on crie « pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? » comme une lycéenne empêtrée dans sa tragédie grecque au suicide d'un inconnu & qu'on se rend compte de la façon qu'ont les gens de se préoccuper de catastrophes impossibles d'assurances invraisemblables quand juste là sous leur nez se produit la pire des aberrations c’est typique mais des fois cela se produit en des lieux si inattendus qu'on oublie d’en rire & certaines complicités m’insupportent non parce qu’elles existent mais parce qu’elles font de moi leur témoin passif quand je ne veux rien en savoir que ce qu’on m’en dira putain j’ai froid qu'est-ce que je fais là à garder mes déchets en moi à me laisser agresser par le monde à rester passif comme un bureaucrate incompétent face à une panne inattendue ? probablement je suis en train de grandir car je jure sur la pierre tombale de mes démons qu'il est des pièges des pièges sordides de l'existence dans lesquels je ne tomberai plus jamais je commence à entrevoir ce que je veux ou non & les tributs que je suis prêt à payer à entreposer dans les cases prévues à cet effet des GRANDES cases exprès pour ranger mes leçons & mes devoirs les premières pour m'y référer les seconds parce que je n’en ai plus besoin il serait donc judicieux (peut-être) de fermer les yeux de pleurer en silence sur cette part de souffrance qui brûle en moi & y brûlera toujours car tout étant ce que tout est plus ma joie d’exister sera grande plus cette souffrance devra être commémorée non par goût moins encore par complaisance mais pour ne jamais oublier que la vie est précieuse & que la mort la clôt cette délivrance-là mérite chaque effort pour être meilleur pour être plus fort & accepter qu’en dépit d’un certain goût pour le partage je ne suis qu’à demi un animal social un agneau qui se plaît loin du troupeau & un saltimbanque surtout un saltimbanque dont les multiples facettes ne sont pas encore en harmonie parfaite mais si l’attente est longue mon cœur me portera d’ici-là vers Morphée. »
« Qu’elle est belle, Morphée, dans ces moments-là… »
Qui a le cul entre deux chaises
Ça lui arrive, parfois, une sorte d'immobilisme
Par peur de faire le moindre geste
Car chacun pourrait
Être lourd de conséquences
Alors ce mec commence par changer de chaise toutes les cinq minutes
Un instant l'une est plus confortable
Puis il revient à l'autre
Etc.
Jusqu'à ce qu'il se retrouve obligé
De s'asseoir mal sur le bord de chaque
Avec un grand trou au milieu
Un gouffre, pourrait-on même dire
Non seulement il en a vite plein le cul
Mais encore faut-il ne pas tomber
Pas très confortable
Comme situation
En plus, il finit toujours par s'écorcher quelque part
Alors vient le moment
Où il prend tout d'un coup au visage
De plein fouet
Jusqu'à se regarder en face
& à en rire
Parce qu'il lui est impossible d'en pleurer
Alors il rit de lui-même
En regardant le sol d'un air gêné
C’est très difficile pour lui, il faut dire
De suivre une conversation
Mais que peut-il faire
Quand il s'agit d'avoir affaire aux gens ?
Plus ils lui demandent si ça va
Plus il se sent mal
Comme si chacun de leurs mots
Était un panneau de circulation
Dans un pays sans code de la route ni permis de conduire
Érigé pour bien lui rappeler
Que la route est difficile
Qu'il y a du verglas
Des bosses, des trous
Bien sûr, on n'y voit rien
Les virages sont traîtres
& quant à la voiture
Il faut la voir, avec son pneu crevé
Se traîner misérablement
De mètre en mètre
Non, ce type ne peut plus que changer péniblement de position
De temps en temps
Quand ça fait trop mal quelque part
& attendre
Que quelque chose se passe
Ça pourrait être n'importe quoi
A ce stade, ce serait libérateur
Dans tous les cas de figure
Ça ira mieux APRÈS
En attendant, le temps est disloqué
& chaque jour est plus long
Que le jour d'avant
Wow ! Jusqu'où…
Va t-il-tenir…
Avant d'exploser ?
Ecoutons-le penser :
« Nous y revoilà à écouter le bruit des vagues à chercher ce qui n’existe pas au bord de l’océan l’océan il y a un problème avec l’océan lui qui jadis réglait mes humeurs s’est déréglé en avis de défaite je n’ai jamais courtisé ces avis-là alors je vais y retourner dans la matrice une fois de plus puisque ses incarnations se multiplient au fil des paradoxes quand rien n’est moins paradoxal qu’un paradoxe je m’en vais donc aller nager au centre du problème du quoi ? il n’y a pas de problème juste du brouillard à travers lui donc je vais confronter mon opinion avec celui des Cieux voir si comme toujours nous tombons d’accord & pour cela une longue conversation avec l’océan s’impose car je dois comprendre pourquoi dès que je l’approche mes espoirs partent en lambeaux dans une médiocrité de laine de verre de longs voyages qui ne mènent nulle part & de jeux d’attitudes qui n’amusent personne & s’il s’avère que la conversation mène quelque part s’il se trouve que l’aller-retour décrasse mes poumons et ma conscience à la fois je grimperai tout en haut là où nul n’ose aller au sommet du roc & des lianes entre ciel & terre entre jungle & mer & je ferai le point avec l’Univers de la situation & de la direction car si les directives m’ont toujours transformé en dragon de feu les directions sont dignes d’intérêt je crois & je regarderai le doigt du soleil à travers les nuages non plus comme on regarde une icône mais comme on regarde l’horizon peut-être comprendrai-je avant d’arriver chez les morts pourquoi cet étonnant détour s’imposait sans cela les ruines du culte me le souffleront à l’oreille car là-bas m’a-t-elle dit se cache la magie elle est partie la magie je la retrouve parfois dans ses yeux mais ce que ces yeux ignorent c’est que je voulais célébrer la vie & notre ultime victoire sur les dents de lion & sûrement pas lécher des blessures blessures qui se sont forgées un chemin inattendu & vicieux ce qui en résulte en lieu en place d’une célébration est une parodie de justice dans laquelle chacun va tenter de jouer son rôle pour dissimuler ce que chacun sait j’ai peur que cette reconstitution de ce qui aurait du être manque de spontanéité & soit un triste téléfilm du genre qui va qui vient comme une chanson impopulaire la réalité est incorruptible & mieux vaut remettre certains rêves à plus tard que de les rogner jusqu'à ce que corde se rompe de fait d'ici la fin de l'odyssée il va falloir en guise de repentir renoncer à bien des choses ma vie est un bordel organisé qui a de la place pour les paradoxes mais pas pour les incohérences & les coups que je donne à mon karma ne devraient être que mon affaire à la limite celle de l’eau mais c’est tout l’eau d’ailleurs est noire noire noire comme la flaque de ma panique exaltée comme mon ombre entre les dunes sans l'ombre d'un risque de noyer mon effroi dans le gouffre d'un effort de sodium si libérateur que le froid & la douleur sont revigorants ajoutant à la peur un piment traître du genre qui remue le couteau mais au moins ça aura disparu avant l'aube sachant cela j’ai plongé pour ne plus penser à rien qu'à ces bulles de lumière dans l'eau qui n'est plus de l'eau où alors de l'eau sèche gazeuse vaporeuse & plus confortable que sous la lumière on s'en serait douté en fait si on y avait réfléchi les réflexions pour le coup seront pour plus tard mon extase est fermée pour travaux qu'ils disent c’est toujours la même chose avec les entreprises de démolition ils appellent ça de l'urbanisme moi j'appelle ça de l'urbanisme sous acide parce que quand même il y a des limites au délire non ? heureusement il y a le sucre jamais je n'ai autant compris son importance au sucre ce petit oreiller de tendresse qui vous enveloppe & vous sauve au moment où toutes vos armes habituelles sont hors d'usage c’est précisément à ce moment qu’on se regarde dans la glace qu’on crie « pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? » comme une lycéenne empêtrée dans sa tragédie grecque au suicide d'un inconnu & qu'on se rend compte de la façon qu'ont les gens de se préoccuper de catastrophes impossibles d'assurances invraisemblables quand juste là sous leur nez se produit la pire des aberrations c’est typique mais des fois cela se produit en des lieux si inattendus qu'on oublie d’en rire & certaines complicités m’insupportent non parce qu’elles existent mais parce qu’elles font de moi leur témoin passif quand je ne veux rien en savoir que ce qu’on m’en dira putain j’ai froid qu'est-ce que je fais là à garder mes déchets en moi à me laisser agresser par le monde à rester passif comme un bureaucrate incompétent face à une panne inattendue ? probablement je suis en train de grandir car je jure sur la pierre tombale de mes démons qu'il est des pièges des pièges sordides de l'existence dans lesquels je ne tomberai plus jamais je commence à entrevoir ce que je veux ou non & les tributs que je suis prêt à payer à entreposer dans les cases prévues à cet effet des GRANDES cases exprès pour ranger mes leçons & mes devoirs les premières pour m'y référer les seconds parce que je n’en ai plus besoin il serait donc judicieux (peut-être) de fermer les yeux de pleurer en silence sur cette part de souffrance qui brûle en moi & y brûlera toujours car tout étant ce que tout est plus ma joie d’exister sera grande plus cette souffrance devra être commémorée non par goût moins encore par complaisance mais pour ne jamais oublier que la vie est précieuse & que la mort la clôt cette délivrance-là mérite chaque effort pour être meilleur pour être plus fort & accepter qu’en dépit d’un certain goût pour le partage je ne suis qu’à demi un animal social un agneau qui se plaît loin du troupeau & un saltimbanque surtout un saltimbanque dont les multiples facettes ne sont pas encore en harmonie parfaite mais si l’attente est longue mon cœur me portera d’ici-là vers Morphée. »
« Qu’elle est belle, Morphée, dans ces moments-là… »
1 commentaires:
J'aime beaucoup, beaucoup, celui ci.
Bravo
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