Mercure liquide

Il faudrait inventer de nouveaux mots
Pour conter ce que je dois conter
Mais puisque de mots, je n’ai que les nôtres
Je m’en vais décrire l’indescriptible

En cette nocturne tamisée nous faisons le vide autour de nous & plus rien n’existe que l’ici & le maintenant & côte à côte nous sommes allongés sur ce lit à nous demander « à présent, que va-t-il se passer ? à présent, que va-t-il se passer ? » le monde extérieur va-t-il se désintégrer & notre étreinte va t’elle naître & renaître des spasmes de nos esprits chamboulés tourneboulés envoûtés par l’atmosphère que nous avons créée & qui déjà nous dépasse nous surpasse nous désencrasse l’âme ? le bout de mes doigts s’introduit dans tes cheveux & nos épidermes commencent une expérimentation qui pourrait bien nous révéler où le jardin d’éden a été dissimulé cachés loin des regards de ces hordes de fous qui nous entourent & sèment leurs graines néfastes dans les fastes & les orgies de nos énarques ils jettent leurs bombes bombes bombes leurs mauvaises ondes ondes ondes & notre fronde notre force est de savoir parfois nous boucher les oreilles & nous réfugier sous les remous d’une couette & partir en quête de notre vraie nature loin des mensonges plus près des songes si l’on y songe nous sommes deux ébauches de lavande comme une offrande à l’Univers & chaque décharge électrique que nos doigts répandent sur le corps de l’autre est une prière une louange de l’Infini & de ces habitacles de chair que nous ressentons comme deux âmes-sœurs promises l’une à l’autre depuis l’éternité & qui ont déjà trop attendu que le moment de se révéler pleinement l’une à l’autre soit venu convenu & l’avènement de cette union est un baiser sur le quai d’une gare une extase à peine prononcée & déjà digne de figurer dans le Livre notre livre est celui de la Terre & sur tes murs le désert m’appelle & m’appelle & épelle mon nom encore & encore

S… secret de tout ce qui est, nous savons ton vent qui mugit sans cesse
H… harmonie qui est mon double au féminin, mon aura délicate
A… ahurissante est ton odeur, pourquoi la connaissais-je déjà ?
O… offrande, ce qui est mien est tien, & tes « je t’aime » résonnent à mon oreille comme une symphonie japonaise
M… mmmh…
I… il me faut te mettre dans de tels états qu’un médecin y perdrait son latin

Le temple s’est ouvert…
Le temps, ici, n’existe plus
Le temps est notre allié

Se peut-il que nous soyons dans une chambre quand j’entends le vent siffler si fort à mon oreille ? je le sens même sur ma peau ah non c’était ta main mmmh ta main ta main qui me fait me cambrer dans les cendres de ce pétard presque inutile que tu as roulé pendant que lentement amoureusement je répandais mes lèvres sur ton dos & que ma salive se préparait langoureusement à rejoindre la tienne la tienne plus parfumée encore que cet encens qui brûle & partout autour de nous le vent souffle & les loups hurlent les loups hurlent les loups hurlent & toute la nuit de tierce en quinte leur mélodie s’approprie nos murmures leur nature & les mixe dans une infinie saveur de moiteur rien ici n’est impur seuls nos esprits libérés sont là toi & moi toi & moi toi & moi mmmh nous voilà prisonniers d’une étreinte si longtemps désirée si longtemps appelée que la cire de mes bougies n’en pouvait plus de fondre à présent tel un explorateur lancé sur une terre vierge je découvre & redécouvre chaque parcelle de ton visage & en aveugle laisse mon toucher me guider vers ce qui est pour toi le plus délicieux & les Cieux les Cieux s’extasient devant ce spectacle inattendu & merveilleux devant une évidence spirituelle & charnelle qu’on s’en étonnerait presque de n’y avoir pas pensé plus tôt lentement faisant de chaque instant une heure nous nous glissons à l’abri des draps & tes vêtements volent à travers la pièce & les miens aussi quel besoin en aurions-nous puisque nous sommes là pour honorer l’œuvre du Créateur en révélant son potentiel le Ciel nous aime & on le lui rend bien oh mon experte princesse j’entends les étoiles elles-mêmes épeler ton nom dans mon oreille en même temps que ta langue s’y promène

G… guérissons-nous du monde
A… accomplissons notre île
(bri)
E… extase indéfiniment prolongée
L… lovés comme lune & soleil
L… langoureux & câlins
E… est-il possible que je sois là où je suis ?

Les spasmes de nos corps
L’espace, ici c’est nous
L’espace, est notre amant

Un deux trois quatre cinq six sept sept ans l’âge de notre raison puisque c’est le temps qu’il aura fallu bien ta chaleur me brûle de l’intérieur & au fur & à mesure au fur & à mesure nous recréons le monde à chaque baiser à chaque caresse c’est une vie qui renaît & une guerre qui s’arrête pourquoi ? pourquoi sommes-nous sur cette terre au milieu du tourment & des égarés ? faudra-t-il que nous en passions par là une fois de plus ou ces vies que nous avons choisies peuvent-elle nous mener ailleurs enfin ? Avons-nous un rôle à jouer nous qui aimons la vérité pour ce qu’elle est la direction de l’Univers dans la cohérence de ses travers ? là l’un pour l’autre désormais nous sommes moins vulnérables aux lions qui errent en répandant leurs traînées de dents pourries de sang séché de cruauté d’insultes formatées je ne veux plus regarder la télé ! seulement tes yeux dans les ténèbres seulement ta courbure de gazelle offerte à ma douceur d’agneau entre herbivores on se comprend sans jugement sans peurs ni craintes tels que nous sommes & en somme tels que nous avons été créés & après m’être noyé dans le réconfort de tes seins avoir aimé ton ventre & épuisé tes jambes permet-moi d’être ta main & de tourner de tourner de tourner sans m’arrêter jusqu’à ce que ton jouet t’ai conduite à l’autre bout du monde & là rien n’est fini & oui ça continue & oui ça continue & ça dure & ça dure sauf qu’il est temps que ma langue vienne se poser sur le bout de ta fleur pour reproduire encore ce miracle qui oh ! te rend toute rouge qui oh ! te fais serrer les poings qui oh ! te fais gémir & soupirer tressaillir & sautiller je crois que j’ai trouvé là ce pour quoi je suis né tout du moins ce pour quoi je suis fait permet-moi d’épeler la formule magique qui nous anime tous deux

J… j’éprouve une notion d’infini
E… élastique est mon âme, non tendue mais partout
T… ton sourire me suffit
‘… même Pivot n’a pas lu meilleur livre !
A… acceptons-nous enfin
I… ivres l’un de l’autre
M… miel qui s’écoule tranquille entre nous
E… est-ce la fin d’un voyage ou le début d’un autre ?

Nous voilà fusionnés liés comblés & nourris par ces céréales à diffusion lente & de jour en jour & de nuit en nuit nous revivons ces moments en comprenons les tenants sachant que le seul aboutissement possible… est de recommencer !

Mercure liquide…

Je m’offre à toi…

Entraîne-moi…

Emporte-moi…

Envoûte-moi…

2 commentaires:

Christine a dit…

J'ADOREEEEEE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

susie a dit…

j'ai pu enfin lire..
je respire l'Amour
la Vie, le doute, les craintes; le désir, l'envie,la faim, la douceur, le calme, le tumulte,la sensualité..la peur
OUh et tant d'autres choses..
Merci


1 h d'a