Trip

Oh… mes ailes ont repoussé…
Elles sont plus grandes encore que la dernière fois
Je les sais dans mon dos
Je les vois dans mon miroir

Après ce voyage avorté sur la lune
Ces heures d’errance spatiale
(& -Dieu m’en est témoin- les astronefs ne me réussissent guère)

Court passage dans ses bras

Long trip entre les comètes
(trop bien invitées, pas si mal évitées)

Tout ça pour aboutir à…

Une fête de fatigue
Une plage de solitude

& la dure réalité
La dure impossibilité
D’échanger
Les arcs-en-ciel
De croiser
Les effluves
(Who do you call? Ghostbusters!)
A la limite, les regards
& encore, qu’est-ce qu’un regard ?
Un amas d’illusions
Beaucoup
& des questions, aussi !
Une foule
Comme un piano dans un piano-bar vide
& sombre
Une foule de possibilités, donc
Mais, c’est fatal
Pas encore la vérité
Celle des idées ne compte guère
Sauf lorsque l’idée est un fait
Du genre de ceux qu’éprouvent les êtres
Lorsqu’ils se sont perdus
Quelque part dans le grand vide…
& au milieu de tout ça
Ne pouvoir plus penser qu’à elle
elle, elle, elle
Encore
& encore
Jusqu’à l’écœurement
Jusqu’à n’en plus pouvoir
De la voir sans la voir
De lui parler sans lui parler
& de mentir par omission
En prétendant planer quand mon élan est fait de morceaux de soleil

& ça, aucun cachet n’y changera rien
Ni en bien, ni en mal
Alors on essaie, on essaie d’y croire
De se convaincre que tout est logique
Quand, la veille, cela semblait évident
Ensuite vient l’amerrissage
Coulée profonde en un abysse dépourvu de raison
De principes, même
Juste un état totalitaire
Tout alité, me revoilà qui m’échoue
Qui m’agrippe à du sable
Autant gerber dans un violoncelle
& se laisser dériver au gré du hasard
Un pas au soleil, deux pas dans l’ombre
Est-ce là une manière de bronzer ?
Est-ce là une manière d’aimer ?
Que de douter sans cesse des caprices & du bien-être ?

& puis…
On s’interroge devant les pissenlits
Devant l’écran de neige
& même dans un chantier, glauque
De terre fondue

Une semaine
Une semaine pour comprendre
Comprendre que les jeux des enfants nous dépassent parfois
- & c’est tout -
Comprendre que les silences & les sourires de nos complices n’entravent pas une avalanche
& que si les jeunes étoiles ont tout le temps de s’épanouir
Il est temps que les fleurs qui se cherchent
Se trouvent
Se trouvent
Enfin
Afin
De
Réaliser
Le temps & la folie
Les baisers & les caresses
Du vent contre leurs pétales

Avec le recul, on observe mieux les flaques
& les cailloux qu’on y jette

Ces cailloux…
C’est déjà…
Un peu…
Nous

& nous, c’est déjà un petit peu de couche d’ozone
Alors, il suffit d’une impulsion
Entre deux labeurs, une invitation
Que le dur retour à la réalité
Soit le petit orgasme de la psyché
Lorsque l’on a digéré
Cette leçon-là
Il n’y a plus qu’à déclarer aux anges qu’on les aime
Sans nul doute
Ils nous aimeront aussi

1 commentaires:

On dit NON! Merci... a dit…

Je ne dirai qu'une chose... Wouah! Je suis scotchée...